Entre diagnostic institutionnel et réalités du terrain
La Caisse d’Assurance Maladie Universelle (CAMU) a récemment annoncé le lancement d’une étude destinée à évaluer le fonctionnement et l’impact de son dispositif. Cette initiative traduit une volonté affichée d’amélioration et de performance, démarche qui mérite d’être soulignée. Elle témoigne de l’ambition institutionnelle de garantir un accès universel aux soins et de renforcer la couverture médicale dans le pays.
Il convient toutefois de rappeler qu’une enquête similaire avait déjà été conduite pour le compte d’UNICONGO auprès des assurés et des structures de santé conventionnées. Cette étude de terrain visait à apprécier la perception réelle du dispositif, son fonctionnement opérationnel et ses limites, fournissant ainsi un référentiel solide pour toute évaluation ultérieure.
Méthodologie
L’enquête d’UNICONGO s’est appuyée sur une méthodologie rigoureuse, combinant approches qualitative et quantitative. Un échantillon de 94 formations sanitaires, comprenant hôpitaux, cliniques et pharmacies, a été visité. Sur ce total, 76 structures ont répondu, soit un taux de participation de 80,9 %, dont 60 étaient déjà conventionnées. Des entretiens approfondis ont été menés avec les comptables, responsables de facturation et pharmaciens titulaires afin de recueillir des informations précises sur les pratiques quotidiennes, les difficultés rencontrées et les attentes. Cette approche a permis de dépasser les données administratives pour rendre compte des réalités opérationnelles et des dysfonctionnements effectifs sur le terrain.
Principaux constats
L’étude a mis en lumière plusieurs constats majeurs. Un déficit manifeste de communication et de vulgarisation du dispositif a été observé, entraînant une méconnaissance généralisée des droits et procédures par les assurés. Cette situation limite l’adhésion et la fréquentation des structures conventionnées. Les relations administratives et opérationnelles entre la CAMU et les structures conventionnées présentent également des difficultés, affectant la fluidité des services et la qualité de la prise en charge. Enfin, un écart significatif existe entre les ambitions institutionnelles et la mise en œuvre effective sur le terrain. Le dispositif, bien que pertinent dans ses objectifs, reste marqué par une lourdeur organisationnelle et une centralisation excessive.
Les chiffres illustrent ces constats. À Brazzaville, sur 50 structures, 36 étaient conventionnées, 2 en cours de conventionnement et 12 non conventionnées. À Pointe-Noire, sur 26 structures, 22 étaient conventionnées et 4 non conventionnées. Seules 62 % des structures disposent d’un équipement CAMU fonctionnel, et l’utilisation des facturiers reste limitée. Sur 60 structures conventionnées, seules 13 ont été remboursées dans les délais, 40 n’ont reçu aucun paiement et 7 ont connu des retards ou des traitements partiels. La fréquentation des patients CAMU reste faible, plus de 70 % des structures accueillant peu ou pas de bénéficiaires.
Analyse et recommandations
À la lumière de ces observations, le lancement d’une étude par la CAMU pose une question centrale : l’étude seule suffit-elle à améliorer le dispositif ? L’expérience démontre que les problèmes rencontrés ne relèvent pas d’un manque de diagnostic mais d’une difficulté à traduire les constats en mesures concrètes et efficaces.
À l’issue de son enquête, UNICONGO souligne que les principaux dysfonctionnements sont clairement identifiés. L’enjeu prioritaire consiste à renforcer l’écoute des acteurs de terrain, améliorer la communication avec les assurés et simplifier les mécanismes de coordination avec les structures conventionnées. La réussite de la CAMU dépend d’une approche pragmatique, décentralisée et orientée vers l’efficacité opérationnelle, garantissant la protection et la satisfaction des bénéficiaires.
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